Pi na pop kan mai

Pi na pop kan mai ou pop kan mai pi na. Deux façons de dire « à l’année prochaine » ou « on se reverra l’an prochain ». C’est en tout cas ce que nous avons dit à beaucoup de gens ici quand nous les avons quittés. À nos amis Ger et Khoua, à leurs épouses et enfants quand nous sommes repartis de Ban Phathao.
Et puis ici, à Vientiane, à Noy, le belle et souriante jeune fille du Fruit Heaven où nous allons boire d’excellents shakes et dont le sourire et le chaleureux accueil illuminent nos matinées, ainsi qu’à sa famille. A Noy 2, le jeune réceptionniste de l’hôtel, souriant et serviable et qui rêve de partir à l’étranger, de découvrir le monde et qui, faute de moyens pour voyager (même un voyage à Bangkok qui coûte une centaine d’euros n’est pas à sa portée et n’est à la portée que de peu de laotiens), donne son e-mail aux étrangers de passage pour pouvoir échanger avec eux. Pop kan pi na aussi aux jeunes serveuses et serveurs du Mak Phet si sympathiques, à Thu, la délicieuses vendeuse de souvenirs du Talat Sao où nous allons chaque année acheter quelques présents pour nos amis et qui vend de si beaux Mah Jongs. Pop kan pi na encore chez Carole Cassidy où nous nous sommes promis de retourner pour acquérir un de ses chefs d’oeuvre en soie (après avoir fait des économies dans cette perspective). Pi na pop kan mai à ce pays que nous quittons toujours à regret, à ses habitants tellement souriants, agréables, abordables, humains comme on voudrait que ce mot se traduise partout ailleurs. Oui, nous reviendrons, seuls ou avec des amis pour leur faire connaître la joie d’être ici, tout simplement. Les départs sont toujours tristes, mais c’est pour mieux revenir et rencontrer d’autres gens. Finalement, le voyage continue, différemment, ailleurs, mais sans arrêt. Réjouissons nous donc et ayons une pensée pour tous les Noy du monde qui ne voyagent qu’en rêve ou par procuration. Pop kan mai.

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Au village sans prétention

9 h du matin, Ger nous a donné rendez-vous sur la piste de l’ancien aéroport. Nous y arrivons légèrement en avance et tombons presque nez à nez avec Ger qui venait d’arriver. Timing parfait, bon présage pour la suite de la journée nous dit-il et nous voilà partis pour Ban Phathao, sous la pluie qui ne va quasiment pas nous lâcher de la journée. Lavang, muun ! Nous évoquons bien entendu le souvenir des amis absents, de leurs exploits en sport de glisse (certains se reconnaîtront), ce qui déclenche, comme il se doit, rires et bonne humeur, rires qui seront renouvelés quand un ado du village réitérera devant nous l’exploit en question…
Après avoir partage un repas toujours aussi délicieux, nous avons abordé les questions relatives à l’association. Ger nous a assuré qu’il procéderait à une sélection rigoureuse des candidats : pas question de courir les filles (ou les garçons), ni de se marier avant la fin des études, pas question non plus de ne pas fournir de résultats. Bref ce sera études, études. Les étudiants ayant ensuite le devoir moral d’aider en retour le village. C’est la solidarité villageoise. Tu es aidé, tu aides à ton tour. Ger nous enverra le nom des candidats retenus et la filière choisie. Un médecin et un ingénieur mécanicien seraient une aide précieuse pour le village…
Et puis est venu le temps des cadeaux. La soeur de Suzy à été très émue de l’attention, mais à la façon Hmong, discrètement, cela se lisait toutefois sur son visage et dans son sourire. Nous n’avons pas vu Lee Khoua qui était retenu dans sa rizière. Ce n’est que partie remise puisque nous devons retourner au village après que Ger sera rentré d’une visite dans sa famille à Xieng Khouang.
Bref, des retrouvailles qui font chaud au coeur.

Vientiane 2ème jour

Nous sommes arrivés hier dans cette ville tranquille et agréable qu’est Vientiane.
Après avoir retrouvé notre guesthouse habituelle et bu un verre chez Noi, histoire de retrouver nos repaires, nous sommes allé dîner au fameux restaurant Mak Phet (oui, je sais, je me spécialise dans les posts gastronomiques, on ne se refait pas !). Eh bien, l’endroit est toujours aussi sympa et ce qu’on y mange aussi (le porc à la citronelle cuit à la vapeur dans les feuilles de pandanus est un régal !)
Ce matin, petite visite au Talat Sao et grande déception. Je trouve que depuis l’ouverture du nouveau mall, le lieu à perdu de son charme et à perdu son âme. Finies les petites échoppes serrées les une contre les autres, finie la bousculade entre les stands, les vendeurs qui vous interpellent d’un chaleureux sabaidii dans l’espoir que vous vous arrêterez chez eux. Bien sûr, on trouve encore des échoppes de ce style,  mais elles se font plus rares, plus discrètes. Vientiane se modernise, se rationalise. C’est certainement bien pour ses habitants, mais c’est malgré tout dommage, à mes yeux, que des lieux comme celui-ci disparaissent, ou que ce qui en faisait le charme disparaisse. Ces endroits étaient l’expression de cette joyeuse pagaille que j’aime tant en Asie. Cela dit faisons confiance à nos amis laotiens. Je suis sûr qu’ils ne se laisseront pas engloutir corps et âmes par le dragon du consumérisme outrancier, ni par l’évaluationisme galopant qui sévit en Occident et, hélas, également dans certains coins d’Asie. Vientiane change et c’est normal, mais Vientiane reste une ville très agréable.
Demain départ pour Vang Vieng où nous allons enfin retrouver nos amis…
A suivre donc.

Don Khone

Je passerai sous silence notre voyage de Champasak à Don Khone, qui ne presente pas grand intérêt, d’autant que je me suis retrouvé assis au milieu d’un bus, sur une chaise en plastique de jardin pour nain, dont les pieds présentaient un degré de flexibilité inquiétant se manifestant à chaque freinage, c’est à dire souvent…
Puis, la traversée du Mekong, toujours aussi impressionnant.
Nous avons débarqué sur l’île au moment où il s’est mis à pleuvoir.  Heureusement que nous avions déjà repéré notre point de chute, une guesthouse sympa en bordure du fleuve, parce que la pluie s’est vite transformée en orage tropical. Il faut avouer que regarder la pluie tomber drue sur le Mekong, langoureusement étendu sur une chaise longue, abrité sous une terrasse, à quelque chose d’hypnotique et favorise la rêverie. Et puis il y a le tabourinement de la pluie sur les toits et dans les arbres et le bruit du fleuve qui coule et qui arase les berges. Un vrai festival sonore à écouter en se laissant aller tranquillement…  Finalement, la dolce vita continue et c’est bien ainsi. Après tout les vacances sont faites pour ça.
Au moment où je termine ce post, la pluie s’est arrêtée, la vie sur le fleuve reprend, les bateaux se font à nouveau entendre dans une sorte de va et vient continu, les gens ressortent de chez eux ou de leurs abris, écopent, réparent, s’interpellent. Tout un monde en mouvement que l’orage avait interrompu. Et surtout, ce qui domine, le bruit du fleuve lui-même, le courant puissant qui dévale vers les chutes situées à un peu plus d’un kilomètre de notre guesthouse. Ce fleuve est d’une puissance phénoménale, on le dirait presque vivant. A voir donc et à entendre aussi.

Homeland

Un titre bizarre : homeland, patrie. Le terme allemand de Heimat esr construit presque de la même façon en tout cas avec le même préfixe, home, Heim, la maison, le havre. Tout ça pour dire que c’est à chaque fois la même impresiion de retrouver un pays qui, certes n’est pas la terre de nos pères – (ce que signifie patrie), encore que le mien y ait traîné ses guêtres de jeune militaire et qu’il ait aimé cette région du globe – mais qui est un peu notre autre maison.
Retrouver le sourire, la gentillesse et le flegme laotien, les sonorités familières de la langue, les paysages, est toujours un moment d’émotion et toujours ce sentiment d’être extrêmement privilégié de pouvoir connaître cela. D’où lenvie de faire partager ces moments de joie et de bonheur simple : goûter le temps qui passe, faire une rencontre qui va éclairer la journée, admirer un paysage, écouter les grillons striduler dans la nuit calme. Bref vivre l’instant qui passe, sans stress, sans agenda, sans téléphone, sans rensez-vous à heure fixe, sans délais impératifs à respecter.
Certes il n’y a pas qu’au Laos qu’on peut vivre ça, mais pour moi, c’est ici que je suis en paix. J’aime ce pays et ses habitants. Rien à ajouter. C’est un peu home sweet home.
Ah oui, encore une chose, si vous n’êtes jamais venu dans ce pays, faites des économies et prevoyez d’y venir sans tarder, mais attention, on devient vite  » lao addict ».

Bis repetita

Eh bien voilà, nous avions fait nos sacs à dos, commandé le tuk tuk pour le lendemain 8 heures, préparé l’argent pour les visas au Laos, bref nous étions sur le départ. Nous sommes allés dîner à nouveau dans ce resto végétarien superbement bon (le Chamkar) et nous rentrions à l’hôtel. Passant devant la réception, m’est venue l’idée de leur faire part de notre départ le lendemain, au moins par courtoisie, nos hôtes sont charmants et c’est bien la moindre des choses. Et là je mentendis répondre, avec ce délicieux accent asiatique : « vous partez demain ? Mais vous aviez réservé pour six nuits. » Un doute affreux s’insinua soudain me faisant demander à Nicolas « mais quel jour sommes nous ». Vérification faite, nous étions le 2 et non le 3.  C’est donc confus et riants que nous sommes allés nous coucher.
Finalement notre commune confusion nous offrait une journée supplémentaire à Siem Reap. Nous avons donc décidé de partir à nouveau visiter quelques temples, ou plutôt de revisiter ceux que les conditions météo ne nous avaient pas permis de bien voir : le Ta Phrom, le Bayon et Angkor Vat.
Profitant des conseils prodigués par une certaine Marie, nous avons fait le tour à l’envers et bien nous en a pris : Angkor Vat désert sur le coup de 13 heures, c’est magique ! Les cars de chinois et de coréens qui défilent de 1/4 d’heure en 1/4 d’heure sont tous à l’étape. Nous avons dû croiser en tout une vingtaine de personne. Et contempler le site cerné par la forêt du point culminant du temple est un spectacle qu’on n’oublie pas ! Et puis, après notre visite hier au musée national, nous avons pu voir certaines choses différemment. La lecture du bas relief relatant le barattage de la mer de lait dans la galerie orientale est soudain plus facile…
Nous avons également rencontré un vieux monsieur cambodgien parlant français qui nous a fait découvrir certains endroits et points de vue du Ta Phrom, encore une de ces rencontres qui émaillent et illuminent notre voyage.
Bref errare humanum est, mais bis repetita placent.

Templum, templum

Tout d’abord qu’on se rassure l’absence de post depuis trois jours n’est pas due à un nouvel accident de tuk tuk, mais à un temps d’adaptation, il faut prendre ses marques… et puis franchement nous avions beaucoup à faire. Angkor, c’est grand !
Or donc, qu’avons nous fait pendant trois jours ? La réponse est simple : visiter des temples.
Impressionnants, majestueux, émouvants, grandioses ou modestes, les temples se laissent découvrir, parcourir, j’oserais dire apprivoiser. Cest à chaque fois un spectacle nouveau et grandiose. Découvrir un temple, au bout d’un chemin, derrière un bout de forêt ou en bord de route.
J’avoue un petit faible pour le Bayon et ses faces de Bouddha souriantes. Mais je dois dire qu’il y en a d’autres qui méritent le detour et notamment le Praeh Bakong, veritable joyaux dans son écrin de verdure (un peu facile comme image mais tellement vrai !)
Pour faire court, certainement un des plus beaux sites qu’il m’ait été donné de visiter. C’en est même émouvant, À chaque temple je me suis plu à imaginer les premiers occidentaux découvrant ces merveilles au milieu de la jungle. Bref il faut avoir vu cela, monté les marchés des temples montagnes, éprouvé la chaleur et la moiteur et avoir contemplé le paysage du haut des terrasses.
Nicolas vous regalera certainement de photos qui vous permettrons de vous faire quelque idée.
À part cela une balade sur le Tonle Sap, « petit lac  » de 16.000 km carrés à la saison des pluies… Nous sommes allés nous promener en barque dans la forêt noyée (seule la cime des arbres est visible et ils font près de 10 m de haut…) Cela nous a rappelé Anh Binh dans le delta du Mekong (la musique en moins,pour ceux qui y étaient…).
A part ça RAS, peu de moustiques, les cambodgiens sont sympas, les paysages sont beaux, la chaleur supportable et je préfère la nourritute thaï ou laotienne (cela étant nous avons dîné hier dans un excellent petit restau végétarien qui vaut le détour).
Voilà nous continuons notre périple, notre itinerrance ( ce nest pas une faute d’orthographe…).