Wind of change

C’est drôle comme parfois certaines chansons collent à la situation…
Par exemple, entendre Compay Segundo et le Buenà Vista Social Club en buvant un mojito, c’est quasiment parfait. Quand bien même on se trouve au-dessus de la Nam Xong, face à l’époustouflant paysage des falaises du Pha Deng. Ceux qui sont venus ici sauront de quoi je parle.
Les autres sont priés de prendre dare-dare leurs billet d’avion.
Mais aujourd’hui, c’est un vieux tube de scorpion qui collait le mieux.
Wind of Change, entendu à la Luang Phrabang Bakery tout à l’heure.
Vang Vieng change en effet. En bien.
Nous avions entendu parler d’un « nettoyage » de la ville. Entendez par là la fermeture de certains bars dont les excès ont fini par lasser tant les habitants de Vang. Vieng que l’état lui-même. Donc, certains bars où l’alcool coulaient un peu trop et où le mot happy émaillait un peu trop les menus ont été fermés. Finis donc, les teuffeurs saoûls dans les rues de la villes, les Australiens hurlants et titubants. Exit les bars à Friends, aux sièges tous tournés vers l’écran géants. Quoi que pour être honnête, nous en avons quand même retrouvé deux. Si la population de touriste reste jeune, elle nous semble plus tournée vers les activités sportives, dont Vang Vieng pourrait si facilement devenir une nouvelle Mecque. Tenez, même le tubing, cette décente de la Nam Xong sur une grosse chambre à air, bière à la main, semble proscrite. Place au kayak. Bon, d’accord, le fait que la rivière soit en crue y est sans doute pour quelque chose, mais l’an passé, dans les mêmes conditions, cela faisait encore florès.
Pareil au niveau des guesthouses. Il y a de plus en plus d’hôtels ou de guesthouses plus cossus, plus confortables. Ils fleurissent franchement au bord de la Nam Xong, comme si la ville voulaient attirer un public plus riche, sans doute plus mûr aussi, qui dédaigne la ville, précédée par sa mauvaise image.
Wind of Change.
À mon avis, ce changement ne pourra qu’être bénéfique. On viendra ici pour les montagnes, pour les grottes, les vastes rizières surplombées par les rouges falaises du Pha Daeng. Pour jouir de la beauté…
J’espère cependant que le côté festif ne disparaîtra pas totalement. Il ne faudrait pas que Vang Vieng deviennent une morne ville de curistes, trop tranquille, trop propre.
Comme dirait Bouddha : entre deux voies, choisissez celle du mileu…

Non lap fan dii ! Demain, nous allons à Ban Phathao. Nous vous donnerons alors des nouvelles de tout les amis d’ici…

Juste pour vous mettre l’eau à la bouche, deux images de cette fin d’après-midi…

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Vientiane 2ème jour

Nous sommes arrivés hier dans cette ville tranquille et agréable qu’est Vientiane.
Après avoir retrouvé notre guesthouse habituelle et bu un verre chez Noi, histoire de retrouver nos repaires, nous sommes allé dîner au fameux restaurant Mak Phet (oui, je sais, je me spécialise dans les posts gastronomiques, on ne se refait pas !). Eh bien, l’endroit est toujours aussi sympa et ce qu’on y mange aussi (le porc à la citronelle cuit à la vapeur dans les feuilles de pandanus est un régal !)
Ce matin, petite visite au Talat Sao et grande déception. Je trouve que depuis l’ouverture du nouveau mall, le lieu à perdu de son charme et à perdu son âme. Finies les petites échoppes serrées les une contre les autres, finie la bousculade entre les stands, les vendeurs qui vous interpellent d’un chaleureux sabaidii dans l’espoir que vous vous arrêterez chez eux. Bien sûr, on trouve encore des échoppes de ce style,  mais elles se font plus rares, plus discrètes. Vientiane se modernise, se rationalise. C’est certainement bien pour ses habitants, mais c’est malgré tout dommage, à mes yeux, que des lieux comme celui-ci disparaissent, ou que ce qui en faisait le charme disparaisse. Ces endroits étaient l’expression de cette joyeuse pagaille que j’aime tant en Asie. Cela dit faisons confiance à nos amis laotiens. Je suis sûr qu’ils ne se laisseront pas engloutir corps et âmes par le dragon du consumérisme outrancier, ni par l’évaluationisme galopant qui sévit en Occident et, hélas, également dans certains coins d’Asie. Vientiane change et c’est normal, mais Vientiane reste une ville très agréable.
Demain départ pour Vang Vieng où nous allons enfin retrouver nos amis…
A suivre donc.

Bonus : rizières

Après avoir parlé hier du merveilleux vert des rizières, voici ce que nous avons vu en nous promenant vers la côte orientale de Don Khone…

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Vientiane express !

Comme nous n’avions pas beaucoup envie de passer une (mauvaise) nuit dans le bus, nous avons décidé, dès avant-hier, de prendre l’avion entre Paksé et Vientiane. Certes, pour le pays, c’est un peux onéreux, presque dix fois le billet de bus, mais tout bien considéré, cela reste encore moins cher qu’un TGV à deux chez nous… Et pour bien faire les choses, nous avons aussi fait le voyage de la calme et toute joli Pan’s Guesthouse, à Don Khon, jusqu’à Pakse avec Khoun Pan lui-même, dans sa propre voiture, avec son épouse et son fils de 4 ou 5 ans.
Pour moi qui ai sûrement pris presque tous les moyens de transport ici, du secoue-squelette au cargo sur le Mekong en passant par le vélo et le song thaew, c’était un inédit !
Autant vous le dire, c’est vachement plus confortable et rapide que tout le reste.
Bon, d’accord, ce n’est pas gratuit, mais cela nous a donné l’occasion de faire un trajet super rapidement (du 110 km/h sur les routes du Laos avec tout ce que l’on peut y trouver, cela paraît bien téméraire, mais non, en fait) et dans une ambiance particulièrement agréable.
À notre arrivée à Vientiane, il faisait plutôt gris. Le taxi a failli ne pas nous laisser devant la Haysoke guesthouse qu’il ne reconnaissait pas, car il y a eu de grands changements : la très moche façade avec ses pilastres moulurées dans le plus pur style lao des années 90 est désormais masquée derrière un élégant placage de bois très contemporain. Quant à l’accueil, disparus les tables extravagantes en véritables souches d’arbre sculptées. Disparus, les bureaux cloisonnés terriblement obscurs, et aussi les fanfreluches chinoises pendant du plafond. Il y a désormais un café, de grands sofas, une clarté nouvelle du meilleur effet. Et les prix sont toujours les mêmes, 150 000 kips (15 €) pour un appartement avec 4 lits…
Nous avons repris nos petites habitudes, un fruit shake chez Noy, un café près de la fontaine… Et puis la pluie s’est décidée à tomber.
Il paraît qu’une tempête tropicale à choisi de passer sur le nord du pays, c’est à dire, en fait, sur nous. Peut-être allons nous attendre un peu qu’elle s’éloigne des montagnes qui nous séparent de Vang Vieng.
Bo pé nyang…
Nous sommes à l’abri et avons tout notre temps pour monter au village, même si nous avons hâte d’y être…

Quatrième reprise…

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En 2008, saison sèche…

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The riverside

Lorsque l’on est sur le Mekong, la mère des eaux, comme l’appellent les Lao, on se rend bien compte que c’est un fleuve puissant. On en a en tout cas une vague idée, à Luang Phrabang, Vientiane ou encore dans le Delta, loin là-bas, au sud. On voit bien combien son cours, pourtant langoureux, apparemment calme, est plein de force. Une force tranquille, mais implacable.
Ici, cette force s’exprime. Certains diraient que le Mekong libère sa fureur, mais ce n’est pas un fleuve furieux. Il est comme les Lao : doux sans être mièvre, fort mais sans violence. Pour ainsi dire, il se la coule douce.
À le voir franchir le bief de Si Pan Don, dans un déversement d’eau brune, dans un fracas de vagues, dans les écharpes d’embruns quand il se brise sur les bancs de grés, on aurait presque peur. C’est un gigantesque bouillonnement au-dessus duquel s’élève un sourd rugissement…
Il y a 5 ans, lorsque j’étais venu pendant la saison sèche, le niveau du fleuve était à l’étiage et en aval des chutes, 20 mètres plus bas qu’aujourd’hui. À Li Phi ou à Phapeng, il y avait deux canyons. Ils ne sont plus là, emplis pas des flots tumultueux…
En amont, pourtant, le Mekong n’est pas tellement différent. Il est juste plus haut. Beaucoup plus haut, puisque les arbres semblent pousser directement dans l’eau. On pourrait presque dire qu’ils y puisent la force vitale qui les fait tenir debout.
Les îles sont aussi très différentes, aussi verdoyantes qu’elles étaient desséchées il y a 5 ans. Dans ce monde profondément rural, l’heure est au repiquage du riz. La moindre parcelle a l’extraordinaire couleur tendre des jeunes pousses, couronnée du vert sombre, presque noir, des arbres. Des rizières montent des chants et des rires, le bruit sourd de la charrue qui retourne la terre gorgée d’eau et le rythme lancinant des grenouilles lorsque le soir tombe.
Tout est tranquille. Nulle agitation, sinon celle des bateaux qui labourent le fleuve perpétuellement, et celle des enfants qui jouent et se chamaillent, comme presque tous les enfants du monde…

PS : le titre de ce post est emprunté à Agnès Obel, dont je vous recommande l’écoute… –> Riverside

Don Khone

Je passerai sous silence notre voyage de Champasak à Don Khone, qui ne presente pas grand intérêt, d’autant que je me suis retrouvé assis au milieu d’un bus, sur une chaise en plastique de jardin pour nain, dont les pieds présentaient un degré de flexibilité inquiétant se manifestant à chaque freinage, c’est à dire souvent…
Puis, la traversée du Mekong, toujours aussi impressionnant.
Nous avons débarqué sur l’île au moment où il s’est mis à pleuvoir.  Heureusement que nous avions déjà repéré notre point de chute, une guesthouse sympa en bordure du fleuve, parce que la pluie s’est vite transformée en orage tropical. Il faut avouer que regarder la pluie tomber drue sur le Mekong, langoureusement étendu sur une chaise longue, abrité sous une terrasse, à quelque chose d’hypnotique et favorise la rêverie. Et puis il y a le tabourinement de la pluie sur les toits et dans les arbres et le bruit du fleuve qui coule et qui arase les berges. Un vrai festival sonore à écouter en se laissant aller tranquillement…  Finalement, la dolce vita continue et c’est bien ainsi. Après tout les vacances sont faites pour ça.
Au moment où je termine ce post, la pluie s’est arrêtée, la vie sur le fleuve reprend, les bateaux se font à nouveau entendre dans une sorte de va et vient continu, les gens ressortent de chez eux ou de leurs abris, écopent, réparent, s’interpellent. Tout un monde en mouvement que l’orage avait interrompu. Et surtout, ce qui domine, le bruit du fleuve lui-même, le courant puissant qui dévale vers les chutes situées à un peu plus d’un kilomètre de notre guesthouse. Ce fleuve est d’une puissance phénoménale, on le dirait presque vivant. A voir donc et à entendre aussi.

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