Deuxième salve

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Sur le départ

Voilà, c’en est fini du Cambodge, au moins pour cette année. Une belle découverte, qui va bien au-delà de celle des temples.
Car ce sont aussi les Cambodgiens qui sont merveilleux de gentillesse. Cela me laissevraiment songeur, vu l’horreur qu’ils ont vécue il y a 30 ans. Si elle a laissé des cicatrices, celles-ci sont sans doute bien cachées et seul le restaurateur du Preah Ko a ouvertement parlé de la perte d’une partie de sa famille…
Alors oui, les Cambodgiens sont très agréables, toujours souriants, prévenants, humains, après tout.
C’est sûr, nous reviendrons. J’espère avec Suzy et Patrick, et aussi avec Phil et Iza, ou encore Marie, car une expérience comme celle-ci, il faut la partager…
Dans 2 heures, nous serons à Pakse, de l’autre côté de la frontière. Retour au pays… J’ai hâte d’y être tout en regrettant déjà de partir d’ici…

Splendor splendorium…

Oubliez tout.
Tout ce que vous croyez savoir sur la beauté…
Oubliez la magie. L’émotion. Ne croyez que les poils qui se dressent sur vos bras. Le frisson qui parcourt votre échine. La vue qui se brouille.
Car rien, non rien, ne peut vous préparer à ça.
Rien…
La Grande Ville dépasse l’imagination. Elle est au delà de ce que les mots sont capables de décrire. C’est la ville des dieux, un jardin de pierres célestes immergé dans un océan de jungle. Comme Jean-pierre, je ne peux imaginer ce qu’Henri Mouhaut à dû vivre en arrivant ici, en franchissant, bien plus péniblement que nous, la porte d’Angkor Wat. Qu’a-t’il pensé devant le Bayon ? La terrasse du Roi Lépreux ? À quoi ont songé ceux qui virent, pour la première fois, l’incroyable Bantea Srei, ce Temple des Femmes si finement ciselé ? À Rien sans doute. Il ont dû rester bouche bée, comme moi, écrasés de tant de délicatesse.
Je n’imaginais pas ça.
Je ne me doutais pas de ce monde gris, brique et émeraude, de ces temples au sein de l’eau, ceints par l’eau, saints des saints naufragés d’une mer de feuilles, rescapés du bain de sang khmer rouge. Non, il n’y a rien à dire devant le Bayon. Il convient juste de répondre au sourire des grands visages de grés par un autre sourire, de se laisser pénétrer par l’énigmatique question qu’il nous pose, se sentir vide et lumineux.
Et passer son chemin, sourire aux lèvres en se disant qu’il y avait un avant. Si loin désormais.
Et se repaître d’un petit bracelet de laine passé autour de mon poignet par une dame, alors que nous abritions de la pluie dans une chapelle du Bayon. En guise de bienvenue. Pour nous souhaiter bonne chance. Parce que nous lui avons souri, à défaut de savoir les mots.
Le sourire est un langage universel si ancien que j’ai parfois l’impression que nous l’avons oublié.
Fallait-il venir à Angkor pour que la mémoire me revienne ?

À première vue

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Siem Reap, premier… contact !

C’est sous la pluie que nous sommes arrivés au très joli aéroport de Siem Reap, après avoir tourné deux fois au-dessus du Tonle Sap.
Sous la pluie, cela veut dire routes glissantes…
un tu tu, envoyé par notre guest-house, nous attendais sur le parvis de l’aéroport. Un Cambodgien rieur et sympathique. À peine avions nous fait 500 m qu’un bus nous coupait la route, faisant demi-tour sur le route. Ce qui devait arriver arriva : nous l’avons percuté, sans qu’aucune tentative, freinage, lente courbe ou quoi que ce soit d’autre, nous permette de l’éviter. Bref, nous nous sommes mollement écrasés contre le bus. Bien plus de peur que de mal : notre chauffeur n’a rien sinon une ecchymose sur le tibia, nous non plus et figurez-vous que le tuk tuk était toujours en état de marche !
Nous voici donc au Golden Temple Villa. C’est très joliment décoré, confortable, agréable. Un havre de paix à deux pas de la réserve à falangs du centre-ville. Il ne nous reste plus qu’à partir à la découverte de la Grande Ville… Vous imaginez bien comme nous sommes impatients !

Préparatifs…

Voilà 10 ans que je pars, chaque année, vers l’Asie du Sud-Est. Inutile de dire, donc, que ce dixième voyage revêt une importance particulière.

Dix ans… Dix ans de belles rencontres, dix ans d’images plein la tête, d’amitiés comme avec Ger et Khoua, nos amis de Ban Phathao, ou Kham. Oui, 10 ans…

Les enfants croisés naguère sont aujourd’hui adultes. À Ban Phathao, une école a poussé. La vie au village change peu à peu. Le Laos, cette terre d’accueil découverte un peu par hasard, évolue en douceur, la plupart du temps en bien, parfois en moins bien…

Cette année, Jean-Pierre et moi partons tous seuls. Trois semaines rien que pour nous deux, où nous avons choisi de ne pas forcément choisir, de ne pas nous presser. Trois semaines pour aller de Siem Reap à Ban Phathao, en « remontant » le Mékong.

Une semaine au Cambodge pour enfin découvrir Angkor et convoquer Loti et Mouhaut, convoquer tous les fantasmes, tous les imaginaires autour de la Grande Ville.

De là, nous irons nous la couler douce à Champassak, pour voir et revoir ce petit bijou qu’est le Wat Phou et quitter en douceur le rêve angkorien, avant de nous prélasser dans un hamac, au bord du Mékong, à Don Khon, dans l’extrême sud du Laos.

Puis nous remonterons vers le nord. Ferons sans doute escale à Savannakhet, comme ça, juste pour voir. Et achèverons notre petit périple dans notre village adoptif, Ban Phathao.

Nous nous réjouissons déjà de cet inconnu qui nous appelle…

Comment dit-on « bonjour » en cambodgien ?

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