Vientiane express !

Comme nous n’avions pas beaucoup envie de passer une (mauvaise) nuit dans le bus, nous avons décidé, dès avant-hier, de prendre l’avion entre Paksé et Vientiane. Certes, pour le pays, c’est un peux onéreux, presque dix fois le billet de bus, mais tout bien considéré, cela reste encore moins cher qu’un TGV à deux chez nous… Et pour bien faire les choses, nous avons aussi fait le voyage de la calme et toute joli Pan’s Guesthouse, à Don Khon, jusqu’à Pakse avec Khoun Pan lui-même, dans sa propre voiture, avec son épouse et son fils de 4 ou 5 ans.
Pour moi qui ai sûrement pris presque tous les moyens de transport ici, du secoue-squelette au cargo sur le Mekong en passant par le vélo et le song thaew, c’était un inédit !
Autant vous le dire, c’est vachement plus confortable et rapide que tout le reste.
Bon, d’accord, ce n’est pas gratuit, mais cela nous a donné l’occasion de faire un trajet super rapidement (du 110 km/h sur les routes du Laos avec tout ce que l’on peut y trouver, cela paraît bien téméraire, mais non, en fait) et dans une ambiance particulièrement agréable.
À notre arrivée à Vientiane, il faisait plutôt gris. Le taxi a failli ne pas nous laisser devant la Haysoke guesthouse qu’il ne reconnaissait pas, car il y a eu de grands changements : la très moche façade avec ses pilastres moulurées dans le plus pur style lao des années 90 est désormais masquée derrière un élégant placage de bois très contemporain. Quant à l’accueil, disparus les tables extravagantes en véritables souches d’arbre sculptées. Disparus, les bureaux cloisonnés terriblement obscurs, et aussi les fanfreluches chinoises pendant du plafond. Il y a désormais un café, de grands sofas, une clarté nouvelle du meilleur effet. Et les prix sont toujours les mêmes, 150 000 kips (15 €) pour un appartement avec 4 lits…
Nous avons repris nos petites habitudes, un fruit shake chez Noy, un café près de la fontaine… Et puis la pluie s’est décidée à tomber.
Il paraît qu’une tempête tropicale à choisi de passer sur le nord du pays, c’est à dire, en fait, sur nous. Peut-être allons nous attendre un peu qu’elle s’éloigne des montagnes qui nous séparent de Vang Vieng.
Bo pé nyang…
Nous sommes à l’abri et avons tout notre temps pour monter au village, même si nous avons hâte d’y être…

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Dok champa lao

Ils sont en fleur. Les frangipaniers sont fleuris et leur parfum embaume l’air calme des rives du Mekong.
Le fleuve est haut, de cette couleur ocre sombre puisée à toutes les terres traversées depuis sa naissance sur les hauts plateaux du Tibet.
Nous sommes arrivés à Paksé après à peine une heure de vol. Un vol tranquille et beau, qui a commencé par un survol d’Angkor. Angkor qui a lentement disparu dans les nuages, comme un rêve qui s’efface lorsque l’on ouvre les yeux. Soudain, nous étions au Laos, arpentant les rues de Paksé sous un soleil de plomb, à la recherche d’une agence de voyage ou de quelque chose de semblable pour aller jusqu’à Champasak. Rien de cela. Le taxi nous avait posé un peu loin du centre, un tuk tuk nous en avait rapproché, avec cette gentillesse propre aux Lao, nous déposant près du marché. Mais d’agences de voyage, point. Juste le soleil qui flamboie, et la rue qui poudroie, ma chère Anne…
Nous avons alors fait ce que l’on fait toujours dans ces cas-là : affréter un song-theow pour nous mener à Champasak, après nous être dûment restaurés au marché.
Puis avons franchi le Mekong. Emprunté la nouvelle route qui longe le fleuve à l’ouest. Et sommes tranquillement parvenus à destination.
Rien n’y a changé depuis mon passage il y a cinq ans. Les belles maisons coloniales s’égrènent le long de la route, alanguies, presque exsangues. Les enfants jouent et leurs rires résonnent jusque dans notre chambre. Les chiens somnolent sur le goudron chaud, sans même prendre la peine de soulever la tête à notre passage.
Nous avons pris pension dans une guest-house « de luxe », dans une vieille maison au bord du fleuve. Un coup de cœur pour des chambres vastes et belles, comme on n’en voit peu par ici.
Demain, nous irons au Wat Phu convoquer un peu notre rêve angkorien. Puis irons nous faire masser au spa recommandé par Marie.
Parce que voyez-vous, il n’y a pas de mal à se faire du bien…

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Sur le départ

Voilà, c’en est fini du Cambodge, au moins pour cette année. Une belle découverte, qui va bien au-delà de celle des temples.
Car ce sont aussi les Cambodgiens qui sont merveilleux de gentillesse. Cela me laissevraiment songeur, vu l’horreur qu’ils ont vécue il y a 30 ans. Si elle a laissé des cicatrices, celles-ci sont sans doute bien cachées et seul le restaurateur du Preah Ko a ouvertement parlé de la perte d’une partie de sa famille…
Alors oui, les Cambodgiens sont très agréables, toujours souriants, prévenants, humains, après tout.
C’est sûr, nous reviendrons. J’espère avec Suzy et Patrick, et aussi avec Phil et Iza, ou encore Marie, car une expérience comme celle-ci, il faut la partager…
Dans 2 heures, nous serons à Pakse, de l’autre côté de la frontière. Retour au pays… J’ai hâte d’y être tout en regrettant déjà de partir d’ici…

Préparatifs…

Voilà 10 ans que je pars, chaque année, vers l’Asie du Sud-Est. Inutile de dire, donc, que ce dixième voyage revêt une importance particulière.

Dix ans… Dix ans de belles rencontres, dix ans d’images plein la tête, d’amitiés comme avec Ger et Khoua, nos amis de Ban Phathao, ou Kham. Oui, 10 ans…

Les enfants croisés naguère sont aujourd’hui adultes. À Ban Phathao, une école a poussé. La vie au village change peu à peu. Le Laos, cette terre d’accueil découverte un peu par hasard, évolue en douceur, la plupart du temps en bien, parfois en moins bien…

Cette année, Jean-Pierre et moi partons tous seuls. Trois semaines rien que pour nous deux, où nous avons choisi de ne pas forcément choisir, de ne pas nous presser. Trois semaines pour aller de Siem Reap à Ban Phathao, en « remontant » le Mékong.

Une semaine au Cambodge pour enfin découvrir Angkor et convoquer Loti et Mouhaut, convoquer tous les fantasmes, tous les imaginaires autour de la Grande Ville.

De là, nous irons nous la couler douce à Champassak, pour voir et revoir ce petit bijou qu’est le Wat Phou et quitter en douceur le rêve angkorien, avant de nous prélasser dans un hamac, au bord du Mékong, à Don Khon, dans l’extrême sud du Laos.

Puis nous remonterons vers le nord. Ferons sans doute escale à Savannakhet, comme ça, juste pour voir. Et achèverons notre petit périple dans notre village adoptif, Ban Phathao.

Nous nous réjouissons déjà de cet inconnu qui nous appelle…

Comment dit-on « bonjour » en cambodgien ?

Vietnam-laos-cambodge-thailande2013