Spéciale : « no Suzy, no cry »

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Splendor splendorium…

Oubliez tout.
Tout ce que vous croyez savoir sur la beauté…
Oubliez la magie. L’émotion. Ne croyez que les poils qui se dressent sur vos bras. Le frisson qui parcourt votre échine. La vue qui se brouille.
Car rien, non rien, ne peut vous préparer à ça.
Rien…
La Grande Ville dépasse l’imagination. Elle est au delà de ce que les mots sont capables de décrire. C’est la ville des dieux, un jardin de pierres célestes immergé dans un océan de jungle. Comme Jean-pierre, je ne peux imaginer ce qu’Henri Mouhaut à dû vivre en arrivant ici, en franchissant, bien plus péniblement que nous, la porte d’Angkor Wat. Qu’a-t’il pensé devant le Bayon ? La terrasse du Roi Lépreux ? À quoi ont songé ceux qui virent, pour la première fois, l’incroyable Bantea Srei, ce Temple des Femmes si finement ciselé ? À Rien sans doute. Il ont dû rester bouche bée, comme moi, écrasés de tant de délicatesse.
Je n’imaginais pas ça.
Je ne me doutais pas de ce monde gris, brique et émeraude, de ces temples au sein de l’eau, ceints par l’eau, saints des saints naufragés d’une mer de feuilles, rescapés du bain de sang khmer rouge. Non, il n’y a rien à dire devant le Bayon. Il convient juste de répondre au sourire des grands visages de grés par un autre sourire, de se laisser pénétrer par l’énigmatique question qu’il nous pose, se sentir vide et lumineux.
Et passer son chemin, sourire aux lèvres en se disant qu’il y avait un avant. Si loin désormais.
Et se repaître d’un petit bracelet de laine passé autour de mon poignet par une dame, alors que nous abritions de la pluie dans une chapelle du Bayon. En guise de bienvenue. Pour nous souhaiter bonne chance. Parce que nous lui avons souri, à défaut de savoir les mots.
Le sourire est un langage universel si ancien que j’ai parfois l’impression que nous l’avons oublié.
Fallait-il venir à Angkor pour que la mémoire me revienne ?