Petit jeu : une odyssée de Phi

les phi (prononcez « pi ») sont des esprits qui vivent un petit peu partout au Laos. Dans les arbres, les rivières, les herbes, les rochers, la terre…Quand un Lao décide de construire une maison, il sait qu’il va déranger ceux qui vivent sur le terrain à bâtir, et que ceux-ci vont trouver très sympa la nouvelle maison… Et y faire de nombreuses bêtises, genre tirer la queue du chat, pincer les bébés dans le lit, changer les objets de place, etc.

Du coup, pour avoir un peu la paix chez soi, chacun construit dans un coin du terrain une maison miniature, la maison des phi, où, tous les jours, on met à  manger et à boire, afin que les phi sont bien à l’aise chez eux et n’éprouvent pas le besoin d’aller voir si le tapis est plus confortable ailleurs.

En voici donc un petit échantillon.

Mais, car il y a un mais, un intrus s’est caché au milieu… Celui qui trouve et surtout explique pourquoi aura droit à un petit cadeau !

Quand à celui qui découvre pourquoi il n’est pas innocent que ce billet ait un rapport avec le Vatican gagne un joli bonbon laotien.

À vous de jouer !

 

 

 

 

 

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Bo pe nyang…

Bo pe nyang, c’est l’expression consacrée ici pour dire pas de problème. Une locution un peu fourre-tout que l’on emploie pour ne pas faire perdre la face à un interlocuteur qui aurait fait une bourde, pour dire que si quelque chose que l’on a commandé n’est plus en magasin, ce n’est pas grave, qui peut servir aussi à s’excuser, ou à dire que tout va bien.
Aujourd’hui a été une journée bo pe nyang. Non qu’il se soit passé des événements désagréable, sinon, pour ma part, un petit tracas gastrique sans conséquence, mais nous n’avons rien fait. Rien du tout. Lire, manger et se reposer, n’étant pas pour moi des activités mais un art de vivre.
Il faut dire que notre vieille Phoubane a bien baissé. Le gérant japonais parti, le jardin merveilleux est en friche. Et sincèrement, après deux nuits sur des matelas plus dure que des futons, entourés de coqs dont les joutes oratoires commencent à 4 heures du matin, Jean-Pierre et moi étions un peu naze. D’où sans doute mon état du jour, tout grouillis-grouillat et franchement apathique.
Nous avons donc changé de crêmerie, un peu tristes quand même, pour emménagé au Ban Sabai, qui est carrément la catégorie au-dessus. Nous voilà au bord de la Nam Xong, face aux falaises du Pha Deng, avec le soleil couchant comme seul vis-à-vis. Des lits merveilleusement confortables… Et aucuns de ces foutus coqs qui ne savent pas, les cons, qu’on ne doit pas chanter tant que le soleil n’est pas levé !
Bref.
Nous sommes quand même allés faire un tour un peu au sud, oh pas bien loin, et bu du thé glacé sur la terrasse d’un des plus beau resort de Vang Vieng, en attendant que le soleil se cache derrière les montagnes, avec le bruit de l’eau comme bande son (en faisant abstraction du mauvais jazz diffusé au bar, heureusement en sourdine). Et là, nous les avons vu.
Les chauves-souris…
Juste avant le crépuscule, elles ont jailli des leurs repaires souterrains, et dessiné dans le ciel pur de cette belle soirée ce long ruban de chasseresses affamées qui se dilue au-dessus des forêts et des rizières englouties par les ténèbres…
Cela faisait si longtemps que je ne les avais contemplées que j’en étais presque arrivé à les croires disparues.
Me voilà rassuré, et soudain, je me sens mieux.