Spéciale : « no Suzy, no cry »

NIK_5465_11720920251 NIK_5471_1-1711157067 NIK_5475_1-594441043 NIK_5511_1-485739900 NIK_5499_1-332159408 NIK_5504_12015508384 NIK_5509_11226085339 NIK_5531_1-470354157 NIK_5536_1-557563575 NIK_5529_1-1024600636

Publicités

Image

…temps ensoleillé, avec un peu de pluie en fin de journée

La journée a commencé à l’hôpital.

Je vois d’ici vos mines inquiètes, la stupeur qui se peint sur vos visages…

Rassurez-vous, nous n’avons strictement rien. Mais rien de rien. Il se trouve juste que notre guesthouse (hôtel ?) se trouve pile en face. Oui, je sais : cela peut être bien commode. Il se trouve aussi que c’est là que j’avais donné rendez-vous à Ger. Ce qui tombait très bien, puisque Lee Khoua s’y trouvait déjà avec femme et enfants. Rien de grave encore, juste la visite de routine pour Khoua, suite à son AVC d’il y a maintenant 3 ans. Et sans doute visite médicale pour le reste de la famille. C’est donc là-bas que nous nous sommes tous rejoints avant de monter au village, non sans faire un petit arrêt au marché pour acheter deux poulets et quelques cadeaux pour Maï, notre petite protégée.
Inutile de dire que les retrouvailles avec la marmaille rieuse du voisinage de Ger a été plus agréable que l’autre jour où la pluie tombait drue. Le beau soleil daujourdhui nous a permis de distribuer photos et sourire au voisinage, en particulier à toutes les brodeuses instantanément devenues les copines de Suzy l’an passé.
Après que Ger eut rappelé nos 32 kwan – esprits corporels qui, je vous le rappelle, ont une fâcheuse tendance à baguenauder librement, ce qui fait désordre lorsque l’on part en voyage et qu’un seul manque à l’appel – nous sommes partis chez Maï, avec un Lee Khoua qui marche de mieux en mieux !
Puis-je décrire le sourire de notre jeune amie en nous voyant ? Je suppose que non… Et son regard quand Jean-Pierre lui a donné un joli sac à dos, deux pinces à cheveux – un papillon et une belle fleur rouge – un bâton de rouge à lèvre, une palette de maquillage et un joli chapeau. Sans compter les bonbons, partagés avec tous les gamins du voisinage. Ce dont je peux vous assurer, c’est que Maï ne boude pas son plaisir et que cette désormais presque jeune fille est une charmeuse, sans aucun doute ! Inutile de vous dire non plus que nous avions un peu les larmes aux yeux… Heureusement qu’il faisait chaud et que la sueur sur mon visage masquait cela.
De retour chez Ger, nous avons fini notre petite cérémonie de rappel des kwan, puis mangé les deux poulets sacrifiés pour l’occasion, en riant et en faisant moult libations au Mirinda, ce soda à l’orange synthétique qui remplace avantageusement la beer lao quand il fait chaud…
Nous avons parlé de tout et de rien, de notre joie d’être ensemble, de la fille de Khoua qui vient de s’inscrire à l’École Normale pour devenir institutrice au village, première à bénéficier de l’aide de l’association.
Puis l’heure est venue de se quitter. Un orage grondait sur les montagnes. Nous avons salué Zhiang, l’épouse de Ger, et tous les enfants qui jouaient sur la terre ocre devant la maison.

La pluie s’est mise à tomber alors que Khoua et Ger venait de nous déposer devant l’hôpital.

Notre cœur, je crois, était aussi lourd que les nuages qui masquaient les montagnes…

Au village sans prétention

9 h du matin, Ger nous a donné rendez-vous sur la piste de l’ancien aéroport. Nous y arrivons légèrement en avance et tombons presque nez à nez avec Ger qui venait d’arriver. Timing parfait, bon présage pour la suite de la journée nous dit-il et nous voilà partis pour Ban Phathao, sous la pluie qui ne va quasiment pas nous lâcher de la journée. Lavang, muun ! Nous évoquons bien entendu le souvenir des amis absents, de leurs exploits en sport de glisse (certains se reconnaîtront), ce qui déclenche, comme il se doit, rires et bonne humeur, rires qui seront renouvelés quand un ado du village réitérera devant nous l’exploit en question…
Après avoir partage un repas toujours aussi délicieux, nous avons abordé les questions relatives à l’association. Ger nous a assuré qu’il procéderait à une sélection rigoureuse des candidats : pas question de courir les filles (ou les garçons), ni de se marier avant la fin des études, pas question non plus de ne pas fournir de résultats. Bref ce sera études, études. Les étudiants ayant ensuite le devoir moral d’aider en retour le village. C’est la solidarité villageoise. Tu es aidé, tu aides à ton tour. Ger nous enverra le nom des candidats retenus et la filière choisie. Un médecin et un ingénieur mécanicien seraient une aide précieuse pour le village…
Et puis est venu le temps des cadeaux. La soeur de Suzy à été très émue de l’attention, mais à la façon Hmong, discrètement, cela se lisait toutefois sur son visage et dans son sourire. Nous n’avons pas vu Lee Khoua qui était retenu dans sa rizière. Ce n’est que partie remise puisque nous devons retourner au village après que Ger sera rentré d’une visite dans sa famille à Xieng Khouang.
Bref, des retrouvailles qui font chaud au coeur.

Troisième set

NIK_5108_1957823773 NIK_5111_1-1358147073 NIK_5206_1184623815 wpid-NIK_5098.JPG NIK_5198_1-1381967943 NIK_5180_11958068523 NIK_5119_1973693081 NIK_5115_1-1416364821 NIK_5123_11104492885 NIK_5134_1454177578 NIK_5133_1-440056681 NIK_5177_1-2130369928 NIK_5139_1797194018 NIK_5141_1-838317132 NIK_5187_11793551479 NIK_5152_1-1866371531 NIK_5171_1993658519 NIK_5170_1-1862693569 NIK_5163_1173655981

Image

Un monde flottant

Afin de couper un peu avec l’intemporalité d’Angkor – et avec la temporalité pragmatique des cars de Chinois et autres Coréens : le Baphuon en un quart d’heure chrono – nous somme allés visiter un des villages flottants du Tonlé Sap. Nous avons choisi le plus proche de Siem Reap, et par conséquent le plus visité aussi. Un peu usine à touriste, en somme.
Mais en le sachant, en n’en étant pas dupe, cela se passe beaucoup mieux.
C’est quand même un drôle de monde, qui se déplace au gré du remplissage ou de la vidange du lac, tributaire incroyable du Mekong. Une migration pour que les maisons, écoles, boutiques, cochons et autres animaux restent sur l’eau, que le village reste flottant. Pas moins, dit-on de 10 km…
Les habitants y sont pour la plupart très pauvres. La pêche ne rapporte pas grand chose et il faut bien acheter ce qui ne pousse pas sur le lac ; la venue des touristes est doc une manne irremplaçable, et une lèpre aussi, comme toujours. Tout se monnaie : tour en barque dans la forêt noyée, photo des gamins. Et tout, bien sûr, est très cher ! Les commerçants recommandent d’acheter du riz pour l’école des orphelins ? C’est 50 $ les 50 kg… Pour nous autres touristes, évidement. Et l’on n’est pas sûr, comme dit Jean-Pierre, que le sac ne soit pas vendu au moins trois fois ! Il n’y a pas de petit profit, surtoit dans le charity business.
Mais cela se passe dans une certaine bonne humeur, sans acrimonie affichée comme cela a pu être le cas au Vietnam. Buy something for me, certes, mais si tu ne le fais pas, ce n’est pas grave.
Bref, un monde pittoresque où les fillettes se baladent avec des pythons autour du cour et où les terrains de baskets sont des grandes cages posées sur des flotteurs…
Bien différent est Roluo. Plus exactement le groupe des Roluos, un petit ensemble de temples d’une grande beauté au sud-est d’Angkor. Dans le plus petit, Preah Ko, un jeune homme né au village voisin nous a accompagné tout du long. Un restaurateur, qui a travaillé à la résurrection de ce subtil monument avec les allemands et qui continue désormais le travail avec une équipe cambodgienne. Un rencontre comme toute celle que l’on peut faire en voyage : impromptue, enrichissante, vivifiante…